Le concept de régime de mouvement

Sur mon questionnaire pour les personnes qui ont leur premier rendez-vous avec moi, il y a une rubrique nommée « régime de mouvement ». Cette rubrique soulève souvent bien des questions, car ce concept est encore peu connu. Il a été développé par la biomécanicienne Katy Bowman, et je vais tenter de vous le résumer ici.

Maladies ou manques ?

Pour comprendre l’importance de ce concept, le mieux est de commencer par deux exemples, l’un liés à la nutrition, et l’autre au mouvement.

Vitamine C et scorbut

Il y a plusieurs siècles, les voyages intercontinentaux en bateau ont commencé à entrer dans le domaine du possible, de nombreux marins et voyageurs attrapaient une maladie bien connue : le scorbut. On connaissait aussi un remède contre cette maladie, les agrumes. Ce n’est par contre qu’au courant du XXè siècle qu’on a eu une meilleure idée du fonctionnement de cette maladie. En effet, il ne s’agit pas tant d’une maladie qu’on peut soigner avec des fruits et légumes frais (surtout des agrumes), mais plutôt d’un dysfonctionnement du corps lié au manque de certains éléments nutritifs (la vitamine C).

Orques captifs et dorsale affaissée

De nombreux orques en captivité dans des parcs de divertissement ont une nageoire dorsale affaissée. Ce phénomène a questionné la communauté scientifique pendant des années. On sait maintenant que cet affaissement est dû au fait que les orques captifs nagent moins vite, moins profond et moins loin que leurs congénères sauvages (source). Plus précisément, et vue la structure de la nageoire dorsale des orques, l’environnement mécanique dans lequel ils vivent ne permet pas à cette nageoire de se maintenir verticale. Qu’entend-on par « environnement mécanique » ? Surtout les mouvements effectués et les forces appliquées sur les différents tissus. Dans ce cas, on peut penser à la pression de l’eau à grandes profondeur ou la force de frottement à grande vitesse (qui manquent en captivité), et les forces liées à de nombreux et fréquents virages très serrés (en excès en captivité). Ce problème de nageoire dorsale n’est donc pas vraiment une maladie, mais un dysfonctionnement du corps lié au manque (ou à l’excès) de certains élément mécaniques.

Et chez les humains ?

De même, dans nos sociétés industrialisées, nous souffrons de nombreuses « maladies » du corps (arthrose, ostéoporose, pieds plats…), et nous bougeons beaucoup moins, moins souvent, et de moins de façons que nos ancêtres qui vivaient de chasse et de cueillette, ou même d’agriculture. La proposition de Katy Bowman est de considérer ces dysfonctionnement du corps comme provenant de manques de mouvements, plutôt que des maladies.

Quelques exemples

Lorsqu’on parle de nourriture, on parle de macronutriments, les catégories d’aliments dont on a besoin en raisonnablement grande quantité (glucides/sucres, lipides/graisses et protéines), et d’autres en plus petites quantités (vitamines, minéraux et autres oligoéléments).

Lorsqu’on parle de mouvement, il y a des grandes catégories de mouvements dont on a besoin en assez grandes quantité, et d’autres en plus petites.

Macronutriments

Il y a toujours plusieurs façons de catégoriser les choses, et j’en ai croisée deux (en terme de mouvement) qui me semblent intéressantes. Je vais aussi essayer de montrer comment le parallèle avec la nutrition peut fonctionner.

En terme de macronutriments de nourriture, la classification standard que l’ont voit est assez scientifiques, en terme de glucides (sucres lents et rapides), lipides (graisses) et protéines, mais demande un peu de traduction avant d’être transformée en plan de repas. On peut aussi parler de fruits et légumes, féculents, légumineuses et produits animaux (oui, il manque des choses ; il manque toujours des choses). Ou encore de fruits (au sens biologique), tiges et feuilles, racines, noix, graines et fèves, chaire animale, et autres produits animaux. Ces dernières sont un peu plus immédiates lorsqu’il s’agit de choisir ce qu’on veut mettre dans son assiette, mais moins précises.

En terme de macronutriments de mouvement, une classification précises (l’équivalent de glucides/lipides/protéines) serait de classer les mouvements en fonction de leur demande en force, mobilité, ou contrôle moteur. Cette classification est utilisée par exemple par GMB Fitness, pour concevoir leurs programmes d’entraînement. J’ai trouvé une autre classification possible à nouveau chez Katy Bowman, dans son livre Diastasi Recti, The Whole-Body Solution to Abdominal Weakness and Separation. Ici on divise les mouvements en marche et locomotion, repos sans supports (s’asseoir ou s’accroupir au sol, par exemple), porter et soulever, grimper et se balancer.

Micronutriments

L’équivalent en terme de mouvement aux micronutriments de nourriture, c’est tous les mouvement spécifiques auxquels ont peut penser. Comme pour les micronutriments alimentaires, il y en a énormément. En voici une petite liste, pas du tout exhaustive.

  • Les flexions de la cheville,
  • La séparation des orteils,
  • Tous les mouvements internes du pied qui se produisent lorsqu’on marche pieds nus sur un sol irrégulier,
  • Les diverses façon de respirer,
  • La mobilité de l’épaule,
  • La rotation de la tête et de la nuque,

Dans ces deux contextes, lors de manques importants qui demandent une réponse immédiate, on utilise des suppléments pour pallier au manque. Concrètement, en terme de mouvements, il s’agira d’exercices correctifs, comme par exemple ces étirements de la cheville pour pallier au manque de dorsiflexion (quand les orteils se rapprochent du genou).

Et comme en nutrition, les suppléments ne devraient pas faire partie de notre régime usuel. En effet, si on une grande variété de produits peu transformés, on devrait avoir accès à tous les micronutriments dont on a besoin, en quantité suffisante. De la même façon, si on bouge beaucoup, d’une grande variété de façons, et sans utiliser trop d’outils, ou se séparer de son environnement, on devrait recevoir les bons micronutriments de mouvement au cours de notre semaine.

Si cet aperçu du concept vous a intéressé, je vous recommande fortement la lecture des livres de Katy Bowman, à commencer par Move your DNA. Malheureusement, je ne crois pas qu’ils soient disponibles en français.

Aller plus loin

Si vous voulez en savoir plus sur ce concept, ou avoir une idées de quels nutriments de mouvement vous manquent ou sont en excès, n’hésitez pas à me contacter. Je ferai de mon mieux pour vous guider sur un chemin de meilleur régime de mouvement.

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